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24. À Victoriaville, le médic Guillaume y était.

Voici mon long témoignage de médic, pour la version courte ben si un jour je vous croise je vous la ferrai verbalement. Je suis poche en français donc pas de commentaire à ce sujet. 

J’étais également présent à ce massacre, je vais être franc avec vous il s’agit d’une première expérience pour moi. En effet, suite aux évènements récents, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai pris la décision de faire mon devoir de citoyen. En un premier temps allez faire comprendre mon mécontentement au gouvernement et ensuite fournir mes connaissances en premier soin, que j’ai acquis au cours de mes année en tant que pompier et mes formations de premier répondant, aux victimes d’acte violent contre leur personne et ce autant du côté manifestant que du côté policier, si la situation me le permet. 

Vendredi, j’ai connu l’horreur, je suis habitué de voir des gens dans de fâcheuse position, mais de savoir que tous les personnes à qui j’ai porté soin son victime de violence et ce de la part de ceux qui devrait justement les protégés, j’en reviens tout simplement pas. Une vitrine ou un oeil? Faut croire que c’est la vitrine qui l’emporte. 

Donc, mon récit des évènements. J’arrive au Wal-Mart quand la manifestation ce met en branle. Je suis accompagné de camarades qui sont habitué d’aller manifester. Nous nous sommes rapidement rendus aux barrières installées autour du Victorin. Barrière qui soit dit en passant n’avais pas l’air d’être installé pour retenir les manifestant, mais plutôt pour bien paraîtres devant les kodaks et les caméras. À ce moment je me suis séparer de mon groupe pour patrouiller la manifestation. Pas même le temps de me tourner que certains manifestants avait déjà traversé la barrière d’acier ou devrais-je dire la barrière de carton. Faudrait raconter l’histoire des trois petit cochon à la SQ, car ils n’ont pas l’air de la connaitre. 

Par la suite, après environ 2 minutes, trois poches de peinture sur les flics et deux fumigènes de la part des manifestants, les masques à gaz sont vite apparu et les gaz tout aussi rapidement envoyé dans la foule. Comme première expérience, je peux témoigner de la rapidité des symptômes créé par les gaz. Je me suis rapidement rendu derrière un petit bâtiment face au Victorin. De là j’ai commencé à traiter des gens affecté par les lacrymogènes. Des GENS, pas seulement des étudiants, des enfants, des parents, des grands-parents, etc. 

Je me suis vite redirigé vers le Victorin pour trouver des gens à soigner. Pas la peine d’essayer de m’y rendre que déjà une grenade explose à 10 pieds de moi et là j’en ai eu pour la peine, wow, j’ai beau être former au contrôle de la respiration et toute sorte de technique pour faire face à des situations d’environnement remplis de gaz toxique et de fumés, mais la oubliez ça y a rien à faire à part fuir. 

Enfin, mes esprits reviennent après m’être auto soigné et aidé encore et encore des gens. Je suis à nouveau retourné comme un masochiste vers le Victorin, pour soigner et aider des gens. J’étais vêtu d’un manteau jaune réfléchissant avec des croix rouge, donc facile à repérer, surtout du haut de mes 6’ 4”. C’est alors qu’un individu m’interpelle, pour un manifestant gravement blessé. Rapidement, je m’y rends où je constate la présence d’un autre médic, soit une infirmière. Je lui prête assistance, pour constater que la victime avait reçu un projectile sur la tempe. L’oreille dans un mauvais état et un saignement abondant qui sortait de l’oreille. Tout le monde parlait d’une ambulance qui arrivait, mais en réalité il ne s’agissait que d’une rumeur. 

Des patrouilleurs se sont présenté non loin de nous, pour finalement rebrousser chemin, surement qu’ils avaient peur des manifestants. Par la suite, voilà qui arrive deux autres patrouilleurs un peu plus courageux, qui s’approchent de nous sans vraiment venir nous prêter main forte, tous deux parlant au téléphone cellulaire. Enfin, je me suis dit les ambulanciers vont bientôt arriver. Et non, tout ce qui s’approchait de nous c’est une foule fuyant l’anti-émeute, qui lançait toujours des l’lacrymogène vers nous. « Merde », je me suis exclamé aux patrouilleurs, « dites leurs de pas venir ici, on a une victime dans un sérieux état » Vraiment deux amateurs pire que moi encore. Dans la foulé nous avons dû déplacer la victime à 3 reprises, car l’ambulance n’arrivait toujours pas et l’anti-émeute continu d’attaquer. Et deux, patrouilleur, qui semble ne pas être en contrôle de leurs esprits ne font que nous regarder sans faire quoi que soit. Suite au troisième déplacement, nous semblions être en sécurité de l’anti-émeute et enfin l’ambulance approches. 

La victime évacué, je peux enfin retourner dans l’action pour soigner d’autre gens. En repartant vers le coin de rue ou se passe l’action, je vois nos deux patrouilleurs se faire remettre, par un autre policier des radios portatif, WTF, la police pas de communications, j’ai jamais vus ça. Merde nos imbéciles, faites une plainte à la CSST, il est clair qu’il y aura des réprimandes envers vos supérieurs. 

Pas le temps de retourné dans l’action, encore interpellé, un homme a reçu une balle de plastique sur la jambe et l’artère fémorale, aurait peut-être été atteint, donc hémorragie interne. Encore une foi, par chance une infirmière soigne la victime. Je prends en charge de trouver une ambulance. Au moins à ce moment, seulement 10 minutes on prit avant d’avoir des soins de paramédicaux. 

Je tente encore de retourner vers le centre, mais une autre personne est atteinte à la jambe par une balle de plastique. Je l’amène rapidement vers l’ambulance qui traite déjà l’autre victime à la jambe. 

Par la suite, je m’en vais vers le magasin meuble, où je peux constater encore une fois les violences autant du côté manifestant que du côté policier. À ce moment, je retrouve mon groupe du départ. Qui m’accompagne dans ma patrouille à la recherche de victime de la police. 

Voilà qu’on m’interpelle à nouveau, pour un manifestant ayant reçu une balle de plastique dans le visage. À mon arriver, la victime a déjà un pansement sur l’oeil. Un peu isoler de la foule, mais prêt de l’anti-émeute qui continu à nous charger. Nous sommes très visible pour eux, mais rien ne les reteints de nous charger. Nous avons dû déplacer la victime vers un salon funéraire, sous un toit à l’abri de la pluie. Encore une foi des patrouilleurs sons venu vers nous, je leur ai demandé de faire venir une ambulance vers nous. Je voyais très bien l’ambulance au loin qui était derrière l’anti-émeute. Nous avons dû attendre 20 minutes pour voir arriver l’ambulance. À son arrivé je me suis dirigé vers la conductrice, à qui j’ai donné mon topo, elle m’a dit “où est la police”, elle ne voulait pas descendre sans présence policière. J’ai dû user d’argument convaincant pour la convaincre de venir porter soin. ***** IMPORTANT MESSAGE À LA FIN DE MON TÉMOIGNAGE. ********** 

Par la suite, avec certains des médics présent, nous avons fait un court meeting pour faire un petit inventaire du matériel en notre possession, procéder à des échanges de matériels et aussi essayer de faire un plan d’intervention voyant encore l’anti-émeute derrière nous faire une 

nouvelle attaque sur la foule. Heureusement, à ce moment la foule semblait vouloir retraiter vers les autobus. Ce fut la fin pour nous. 

Vraiment dans le cadre de mes fonctions de pompier, j’ai vue des choses à faire lever le coeur, mais juste de savoir qu’elle était la cause des horreurs que j’ai vue, me dresse le poil. Je repose la question. 

Qu’est-ce que le peuple choisi la vitrine ou la personne?? 

Est-ce possible de revoir le protocole d’intervention de l’anti-émeute?? 

L’utilisation des gaz lacrymogène au début de la manifestation me semblait efficace, pourquoi utiliser des balles de plastique qui blesse une SEULE personne, quand une grenade de gaz en fait reculer MILLE?? 

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J’AI UN MESSAGE AU INTERVENANTS POMPIERS ET AMBULANCIER. JE CONNAIS TRÈS BIEN LE PROTOCOLE QUI EST DE SÉCURISER LES LIEUX D’UNE INTERVENTION. DANS UNE MANIFESTATION, UNE ÉMEUTE, ETC. MALGRÉS LE CONSCIENT INTELLECTUEL TRÈS BAS D’UNE FOULE, JAMAIS ET JE DIS JAMAIS, MAIS VRAIMENT JAMAIS UN AMBULANCIER OU UN POMPIER, DEVRAIT CRAIDRE POUR SA SÉCURITÉ. AUTANT IL PEUT Y AVOIR DES LOIS NON ÉCRITE DANS LE CADRE DE NOS FONCTIONS, QU’IL Y A UNE LOI NON ÉCRITE AUPRÈS DES MILITANTS ET MILITANTES. « AMBULANCIER ET POMPIER C’EST DON’T TOUCH » AU CONTRAIRE DE CE QUE VOUS POUVEZ CROIRE, LA PRÉSENCE POLICIÈRE POURRAIT PROVOQUER UN ENVIRONEMENT MOINS SÉCURITAIRE POUR VOUS. 

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MESSAGE AU POLICIER: CROIX ROUGE; EN ZONE DE GUERRE LA CROIX ROUGE À TOUJOURS PU PROCÉDER SANS CRAINDRE. EST-CE POSSIBLE AU QUÉBEC DANS UN PAYS CIVILISER COMME VOUS NOUS LAISSEZ CROIRE, DE POUVOIR PORTER LA CROIX ROUGE POUR VENIR EN AIDE À LA PERSONNE PEUT IMPORTE QU’ELLE SOIT MANIFESTANT, ÉMEUTIER, POLICIER, ETC. «CROIX ROUGE DON’T TOUCH » 

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Guillaume Aspireault-Massé 

18. Le 25 avril à Montréal, votre voisin y était.

Ceci est un témoignage, subjectif, d’un individu ayant participé à une manifestation spontanée ce soir, 25 avril à Montréal. J’entends par ce biais agir en tant que relai médiatique, parce que je considère qu’aucune des manifestations auxquelles j’ai participé n’a jusqu’à date, été couverte de manière libre, vraie. J’avoue cependant ne pas avoir le temps de faire une revue de presse chaque matin. Mais passons…

Ce soir, quelques milliers d’êtres humains ont, comme moi, décidé de se rassembler pour contester les décisions iniques, collégiales, du Gouvernement Charest, de la ministre Beauchamp et de tout l’appareil politique au pouvoir. Contester la volonté délibérée de ridiculiser des opinions, de les rendre marginales, de les moquer et pire, de les envoyer ”au Nord”, là ou personne ne pourra plus les entendre. Ça ne vous rappelle rien ?

Ce soir, nous marchions, emplis de l’excitation mobilisatrice et captivante qui caractérise les mouvements sociaux et populaires ; quelque chose se passe. Une ”convocation” spontanée, un rassemblement provoque l’arrivée de milliers de personnes. Est-ce négligeable ? Parlons-nous d’une défaite de hockey sur glace ? D’une célébration de l’anniversaire de la reine Elisabeth II ? 

Quelques pétards, deux trois cailloux contre des vitres ; personnellement, j’ai vu, de mes yeux, des personnes essayer de briser une vitrine. Ils n’y sont pas parvenus. Pendant toute la manifestation, je n’ai rien vu de répréhensible. Je suis un légaliste. On nous parle de violences : je vais vous parler de violence.

En route pour revenir à notre point de départ, -en criant notre opinion -, sur la rue Sainte Catherine, la police décide soudainement de nous disperser : je n’ai entendu aucun préavis, aucun avertissement déclarant mon illégalité. Je vois simplement des explosions, 50 mètres devant moi, une, deux, puis trois… et soudain, un mouvement de recul de la foule. La milice charge. Quelques uns ne pouvaient plus fumer leurs cigares en paix, quelques uns ne pouvaient plus siroter leurs profits immoraux et leurs gains usurpés. Mais vous, chez vous ? Légitimiseriez-vous une charge de policiers forcenés, arnarchés comme des soldats, organisés comme des troupes colonialistes, missionnaires, prêtes à tout pour que l’ordre de leur République bananière perdure ? Contre des jeunes. Vos filles, vos fils ? où sommes-nous ? La violence n’est pas le fait de mes camarades durant cette manifestation. Je veux que vous en preniez conscience. On vous ment. La violence est arrivée de l’État. De vous ? Accepteriez-vous de prendre cette charge sur la conscience ? On ”joue” au chat et à la souris… disent-ils. Qui ”joue” ? Je ne voulais pas me prendre une autre bouffée de gaz. Je ne voulais pas me faire arrêter. Je ne mérite pas un tel traitement. Qui oserait me dire dans les yeux, que ce que j’ai fait est moralement, légalement, démocratiquement répréhensible ? Assurément, pas vous. Je ne veux pas y croire, chers voisins, collègues, connaissances et amis. 

Ceci est mon témoignage. Il vaut la parole d’un homme. Cependant, soyez au fait de ce qui s’est réellement passé, pour ma pomme et quelques autres personnes m’accompagnant. 

Il est temps de faire comprendre à notre gouvernement, qu’il nous appartient. Et qu’il nous représente. Honteux soyez-vous. Faites-le leur sentir. La démocratie ne se résume pas à un bulletin de vote, mais ce vote peut crissement la soutenir. Exigez les têtes de ceux qui se moquent et qui vous font passer pour des suivistes, corrompus, collaborateurs, moutons.

Il ne peut y avoir de négociations sur la hausse des frais de scolarité : le Québec se fait berner. Il ne peut y avoir de négociations sur le Plan Nord ; considérons à qui profite les crimes… Pas à vous, ni à moi. Vous êtes devant des choix de société, nous le sommes et pour une fois, gagnons l’indépendance véritable : celle de décider de ses choix.

Bien cordialement, 

Votre voisin.

16. Manifestation du 25 avril, Geneviève y était.

25 avril. Manifestation étudiante. Montréal.

J’étais tellement heureuse d’être là. De voir autant de personnes mobilisées pour une même cause. J’étais émue. J’étais fière. Je me suis même dit à un certain moment…

« C’est le plus beau jour de ma vie, après la naissance de mes deux enfants… ».

Mon ami Joseph qui m’accompagnait, m’a dit que mes yeux « brillaient ». Et c’était vrai. À plusieurs reprises, mes yeux se sont humidifiés devant tant de beauté humaine. J’étais émue. J’étais fière. Fière de la jeunesse qui se mobilise en quelques heures pour dénoncer le silence violent du gouvernement à l’égard d’elle. J’étais émue. J’étais fière.

Fière d’être moi. Fière d’être là, avec eux.

Pendant que nous marchions pacifiquement, au milieu du trajet, des gens habillés en noir se sont rassemblés au beau milieu de la rue. Ils étaient environ une vingtaine. Plantée là, les bras croisés, bien groupé. Nous devions les contourner pour poursuivre notre marche.

« Oh. C’était douteux ça » que m’a dit Joseph, nouvellement initié aux manifestations étudiantes.

Malgré ces individus cagoulés, l’ambiance est demeurée festive. Quelques minutes plus tard, nous les avons revu. Cette fois-ci, ils courraient sur le trottoir. Selon toutes vraisemblances, leur objectif était d’atteindre la tête de la manifestation. À la vue de cette scène, la foule s’est alors mis à scander « On reste pacifique! On reste pacifique! ».

Je ne les ai jamais revu.

Ce qui était vraiment douteux notamment, c’est l’absence totale de policiers aux abords de la marche. AUCUN POLICIER ! Dans tous les évènements auxquels j’ai participé, il y avait TOUJOURS des policiers ici et là dispersés sur les trottoirs.

Hier soir, c’était le silence total.

Pourtant, ils étaient bien là. Dans l’ombre, ils nous ont encerclés. Dans cette souricière montée de mains de maître, sans crier gare, nous avons été chargés et gazés de tout bords tout côtés. Sans avertissement. À deux mètres de moi, ces « agents de la paix » ont lancé des bombes de gaz irritants à hauteur d’homme dans la foule. J’ai vu des gens les recevoir en plein visage. Des personnes innocentes qui se sont retrouvées au moment endroit, au mauvais moment.

Ca aurait pu être moi. Mais j’ai eu la « chance » d’être à deux pas.

La panique s’est emparée de la foule qui ne pouvait plus s’enfuir. Une foule innocente qui ne voyait plus rien. Une foule innocente qui se demandait pourquoi elle subissait cette violence d’une atrocité inouïe. Nous venions de nous faire déclarer la guerre, sans savoir pourquoi.

Pourquoi s’acharner sur toutes ses personnes innocentes, leur demander de se disperser et les prendre en souricière pour les charger, matraquer et gazer sans discrimination alors que c’était impossible de s’enfuir ?

Pourquoi forcer les gens à sortir de leurs abris de fortune et les pousser dans le chaos à grands coups d’intimidation pour mieux les agresser?

Pourquoi matraquer les personnes qui ont le malheur d’être tombées au sol dans un vent de panique ?

Pourquoi ne pas avoir maitrisé les « casseurs » qui étaient très bien identifiables plutôt que de créer volontairement une émeute de gens pacifiques ?

Et aujourd’hui, pourquoi Marc Parent, le Chef de la SPVM, se dit fier du travail effectué par ses policiers?

Poser la question c’est lui répondre.

Geneviève Tardy

Maman de deux enfants

Propriétaire d’entreprise en environnement et développement durable

Étudiante à la maitrise en environnement Université de Sherbrooke

15. Les coups de matraque du 25 avril 2012, Léa y était.

Le rassemblement nocturne visant à exprimer notre mécontentement face à l’expulsion de la CLASSE à la table des négociations a débuté calmement hier soir. Nous étions des milliers à marcher pacifiquement. Pa-ci-fi-que-ment comme dans tranquillement, doucement, flegmatiquement, froidement, paisiblement, posément, sagement, sereinement. Nous étions souriants. Oui, ai-je bien dit souriants. Souriants malgré l’impasse de la journée, souriants malgré toutes ces semaines de non-ouverture, souriants malgré, malgré et malgré.

Mais le chaos a débuté sans crier gare. Nous avons alors arrêté de sourire. Un chaos parmi d’autres? Un chaos de trop créé artificiellement par le SPVM. Cette violence légitimisée (ah oui ?) était adressée à l’endroit de jeunes manifestants.

Je récapitule pour ceux qui n’y étaient pas : nous marchions pacifiquement sur la rue Ste-Catherine quand plusieurs bombes lacrymogènes ont été lancées dans la foule. Incompréhension ? Certes, une incompréhension profonde devant une telle provocation alors que la calme régnait parmi nous.

Pas d’avertissement clair de notre point de vue de la manifestation. La violence policière s’est alors fait sentir par les gaz et ce, trop rapidement.

Résultat ? Un amoncellement de manifestants pacifiques agressés par les bombes lacrymogènes, entassés comme des sardines et cherchant désespérément leur souffle. L’air était empoisonné. Les uns pleuraient, les autres toussaient. Bref : la routine ingrate.

***

Permettez-moi cet aparté un peu plus personnel, une historiette parmi des centaines d’autres hier soir.

Laurent-Christophe de Ruelle est un ami, un garçon de vingt ans, un jeune comédien, un travailleur supportant les étudiants. Il m’accompagnait lors de ladite manifestation. Après avoir été étouffés par les gaz, nous marchions sur la rue Ste-Catherine lors du dispersement. De loin, nous avons pu voir l’anti-émeute arriver rapidement. Nous avons alors tenté de quitter la rue. Dommage. L’anti-émeute s’est mise à courir trop vite. Après la foule. Après nous.

Nous avons alors été isolés près d’une église par quelques policiers. Laurent-Christophe a été pris d’assaut par ceux-là. À terre, sous mes yeux, il s’est fait battre violemment, sans raison particulière, à coups de matraque par ces «supposés agents de la paix». J’ai alors imploré le policier de le laisser tranquille. À son tour de me répondre en me pointant sa matraque violemment: «Décalisse ostie de conne!» Les policiers ont alors quitté les lieux nous laissant en plan.

***

Je vous l’ai dit, nous étions des milliers à marcher pa-ci-fi-que-ment. Hier soir, le SPVM a agi de manière inacceptable. L’arrogance du gouvernement actuel a raisonné une fois de plus par de violents coups de matraque adressés à des citoyens pacifiques. Madame Beauchamp, j’ai hâte que vous condamniez les violences abusives des brigades anti-émeutes du SPVM qui font preuve de provocation vraiment très peu subtile.

12. Le 25 avril 2012, il y était.

Bonjour,

J’aimerais vous partager mon expérience d’hier soir à la manifestation étudiante du 25 avril.


Au total sur tout le parcours qui était pacifique, j’ai vu UNE seule vitrine de banque brisé d’un caillou.

Arrivé sur Ste-Catherine, on entend des explosions, je croyais encore que c’était des feux d’artifices; j’avais tort. La police avait commencé à lancer des gaz lacrymogènes et des grenades étourdissantes dans la foule….

AUCUNE ANNONCE QUE LA MANIFESTATION ÉTAIT DEVENUE ILLÉGALE A ÉTÉ ENTENDU. Sur une foule d’environ 7000 personnes, ils auraient pu placer plus qu’un seul camion/mégaphone qui annonce que la manifestation était illégale.

Une grenade lacrymogène a exploser au-dessus de ma tête, la panique a pris le dessus la foule, on ne pouvait plus respirer, des gens se faisaient piétiner.

J’ai réussi à me faufiler dans une ruelle, après avoir repris mes esprits (la douleur est surprenante), je suis allé demander à un policier, en étant le plus neutre possible même si j’étais enragé, pourquoi la manif a été déclaré illégale. Il m’a répondu qu’il y a eu de la casse et que le seul moyen d’arrêter était de s’attaqué à la foule au complet. Des interventions ciblés seraient trop dangereuses pour les policiers.

Ce que je retiens de tout ça: Sur une foule de 7000 personnes, ça prend 10 casseur qui brise des vitrine pour rendre une manif illégale, et ensuite dès que la police rentre dans le tas, ça met le feu aux poudres et une vague encore plus grosse de vandalisme éclate. Le tout aurai pu être évité si les casseurs auraient été contrôlés.

Merci.

5. Le 21 avril 2012, Olivier y était.

Donc! Je suis sorti, vers… 11:30? Du métro Place d’Armes. Tout était bien partit, il semblait y moins de tension dans l’air que le jour d’avant (quoi qu’il y en avait…), et je fus rapidement informé, par une passante, que la manifestation, organisée, selon l’évènement Facebook, par le Réseau de Résistance du Québécois (RRQ) se déroulait sur la place Jean-Paul Riopelle. Peu après, en marchant sur le trottoir, j’ai rencontré trois camarades du cégep du Vieux-Montréal, accompagnés d’une autre personne que je ne connaissais pas. Nous nous sommes mis à discuter et à échanger par rapport à tout et à rien, pour finalement arriver face à la manifestation, à la place Jean-Paul Riopelle. Nous étions sur le trottoir, nous nous sommes immobilisés au coin des rues St-Antoine et de Bleury. Ensuite, la manifestation, face à nous, a bougé, elle qui était concentrée sur la place Jean-Paul Riopelle s’est déplacée sur la rue Saint-Antoine, dans l’espoir probable de contourner la ligne d’anti-émeutes qui s’était formée. Une formation d’anti-émeutes s’est donc déplacée pour bloquer la rue de Bleury.

À l’inverse de la manifestation, nous avons continué vers la droite, pour tourner encore à droite sur l’avenue Viger, pour tourner encore à droite sur l’avenue Saint-Urbain… et faire le tour du quadrilatère et revenir, finalement, à l’intersection des rues Saint-Antoine et de Bleury. À partir de là, je me suis séparé du groupe et je me suis dirigé vers l’autre côté de la rue, traversant pour aboutir à l’intérieur de l’hôtel transcontinental.

C’est que j’avais entendu des cris et les bruits qui annonçaient une charge d’anti-émeutes, et me remémorant la situation d’hier, je ne voulais pas être pris au dépourvu. J’entrai donc, en sécurité, passai deux portes coulissantes et me mis en retrait, sur le côté, dans un coin. Après un moment de réflexion, je décidai de ressortir, ayant mis mon foulard et mes lunettes (lire : gaz lacrymogène), ne sachant pas précisément où aller.

Donc, je ressorts. Durant ce temps, à ma droite, l’anti-émeute charge des manifestants. Me faisant violemment pousser par un coup de bouclier, je recule et suis (idiot!) le mouvement de la foule, qui est prise en entonnoir dans un couloir menant à la terrasse d’un restaurant entre les rues Saint-Alexandre et la rue de la place Jean-Paul Riopelle. La foule (et moi-même) nous y engouffrons. Au bout, un escalier. Nous le montons. Et sur la terrasse, en haut…

Cul-de-sac.
À ce moment, la police fonce et bloque la seule issue de la terrasse, nous emprisonnant à son extrémité.

J’ai été arrêté et condamné à une amende de 118$.

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